Casablanca

Reportage Grazia

Article paru dans le Grazia fr semaine du 22 au 28 août 2014

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Juin 2014, je suis commissionné par le magazine Grazia France pour la réalisation d’un reportage sur les Hipsters à Casablanca. Une thématique déclinée tout le long de l’été et appliquée à plusieurs grandes villes « influentes » de la planète.

A défaut de Hipster, j’accompagne notre chatoyant « local hero » Amine Bendriouich, contacté initialement par le magazine, pour guider la journaliste Eve Beauvallet à la découverte de la ville et des figures emblématiques de la culture alternative locale.

 

Compte rendu visuel de la journée

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Interview

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1.  Parlez-nous de votre parcours ?

Je suis designer depuis une quinzaine d'années, spécialisé dans la conception d’identités graphiques et digitales. Après quelques années passées en France après mon Bac, je suis revenu m'installer au Maroc, mon pays d'adoption ainsi que celui de mes parents. Je suis aujourd'hui Directeur de Création, associé de l'agence digitale emagin située à Casablanca et Rabat. 

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2. Comment définiriez-vous votre art et votre façon de travailler ?

Mon métier de designer a aiguisé mon intérêt pour les lignes et les formes, c'est donc naturellement que j'en suis venu à la photographie. Au départ ma démarche était assez personnelle, plusieurs événements de ma vie m'ont amené à ne jamais me séparer de mon appareil. D'abord pour laisser une trace, immortaliser certains moments de ma vie mais aussi pour ne plus m'entendre me dire "Tiens, ça ferait une belle photo". Puis j'ai constaté que certaines de mes photos touchaient également les gens. Je remarque que les casablancais y sont particulièrement sensibles, certains y voient un témoignage des bouleversements actuels que connait la ville, d'autres plus nostalgiques y retrouvent des lieux ou des ambiances familières mais qu'ils fréquentent peu. D'autres encore sont sensibles à mes cadres ou mes sujets. Pour moi, c'est une extension complémentaire et nécessaire à mon activité professionnelle. Le design graphique, requiert du temps, de la réflexion et m'oblige trop souvent à faire des concessions. La photo est pour moi un mode d'expression sans artifice, instantané et emprunt du réel.

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3. Où et comment trouvez-vous votre inspiration ?

Contrairement à bon nombre de Casablancais qui circulent en voiture et passent peu de temps dans la rues et les lieux publics, je marche. Je suis en contact direct avec les espaces et les ambiances de la ville et je dispose d'un champs de vision à 360°. Mon appareil me suis partout, je pense que cela me conditionne d'une certaine manière. A chaque sortie, même la plus anodine, je me laisse porter par la ville, empruntant souvent des parcours différents pour une même destination et en évitant les grands axes tant je le peux . J'emprunte les ruelles, pour l'air plus respirable, les sons plus étouffés mais surtout pour les images car je sais que c'est de là que les scènes de l'ordinaire, en quête de fantaisie, se dévoilent au passant attentif. Souvent lorsque je marche, je suis littéralement stoppé par une image ou une situation, elle s'impose comme si elle cherchait à attirer mon attention. Je m'amuse ainsi à penser que je ne vais pas aux devant des clichés mais que ce sont eux qui viennent à moi. 

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4.  Casablanca, tient une place importante dans vos représentations artistiques et photographiques, pourquoi ?

Je suis un amoureux de Casablanca. Cette ville m'a vu grandir et je l'aime déjà pour ça. Je vivais en ville et je garde en moi ces souvenirs d'enfant marchant sur le chemin de l'école. Je me revois sillonner Casa à roller ou à vélo dès que j'avais un moment. J'ai été marqué à jamais par l'énergie et les contrastes de cette ville : l'atmosphère des rues, les gens dans les cafés, les parties de foot entre les voitures, les cris des marchants ambulants qui résonnent dans les cours d'immeubles et plus que tout, la magie des chants qu'accompagnent le ballets de martinets à l'arrivée du printemps. Lorsque je me tiens aujourd'hui avec mon objectif, face à l'un de ses vieux bâtiments, j'éprouve cette tendresse et ce respect que l'on pourrait ressentir pour un aïeul d'un grand âge, fatigué par la vie et fort d'une sagesse inébranlable.

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5.  Quelle technique utilisez-vous ou préférez-vous ?

Je ne travaille qu'à la lumière naturelle et mis à part les réglages de mon boitier je n'ai pas vraiment de technique particulière mais je dispose en revanche de deux assistants efficaces : le hasard et l'inattendu.

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6. Avez-vous des projets à venir ?

Des tas, je suis d'une nature créative, mes envies et mes idées se bousculent. Mais je suis également habité par la rêverie et la contemplation, certaines ne s'épanouissent ainsi que dans mon esprit ou sur papier. Mais ce n'est pas une frustration car j'éprouve également de la satisfaction à imaginer des choses que je garde pour moi. A mon sens, une création ne peut être pure et aboutie que si elle est totalement libérée du regard ou du jugement extérieur qui ne pourrait que la corrompre.
Je travaille cependant sur des projets très concrets actuellement. En rapport avec la photographie : un projet photo participatif sur la ville Casablanca qui devrait voir le jour prochainement et à titre plus personnel, une série de luminaires inspirés directement de mon travail en photographie et design graphique.


Interview pour la rubrique Artissimo - magazine interne de CDG développement.

 

Rapport Annuel CDG Développement

 

Une sélection de mes photos de Casablanca ainsi que celles de plusieurs autres artistes photographes (Mourad Belouadi - Oussama Bendila - Younès Fizazi - Leïla Ghandi - Khalil Nemmaoui et Saâd Tazi) ont été sélectionnées pour illustrer le rapport d'activité du Groupe CDG Développement. Merci à Majda Slaoui et à la cellule de communication du Groupe pour leur invitation.

 

 

Intimité

 
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Une des magies de la photographie, au delà de l’image offerte à chacun et des interprétations qu’elle véhicule, c’est que de chaque cliché naît une histoire. Pas celle qui vous est dévoilée mais l’histoire de son auteur sur le chemin de l’instant saisi. On peut la supposer ou l’imaginer mais lui seul sait ce qui l’a mené à la rencontre. Cet instant de grâce éphémère où tout s’est suspendu. Les conditions alentours lorsqu’il a appuyé sur le déclencheur, le bruit et les odeurs, les secondes qui ont précédé et celles qui ont suivi, tout cela lui appartient, c’est son trésor. La récompense accordée à celui qui a su dérober un instant au temps. 

C’est un bien précieux qui est souvent protégé alors si vous aimez une photo et que son auteur vous raconte son histoire, sachez l’apprécier car il vous dévoile un secret et vous laisse pénétrer son intimité.

Cette photo m’est particulièrement chère car elle rassemble 3 choses que j’aime dans la pratique de la photo : l’instant, la rencontre et un détail qui ajoute de la force à l’image. 

Je ne peux m’empêcher de sourire avec tendresse chaque fois que je la regarde et je la prends comme un cadeau qu’il me plaît de partager avec vous aujourd’hui.

“Nous sommes début novembre, il est presque 9h, quartier Mer Sultan. Je suis en voiture pour rejoindre mon bureau. C’est une heure que j’apprécie pour être en ville, la lumière est encore douce, les gens s’activent pour aller au travail, les rues s’animent. La circulation est dense alors je m’engage dans une petite rue de traverse pour éviter les grands axes comme j’aime à le faire. Mon oeil balaye le décor lorsque il est stoppé par une entrée de garage, mur rosé, belle lumière, chaises vides, grilles : une photo. Je me range sur le côté, sors mon iphone, cadre. Un instant avant d’appuyer sur le délencheur, une dame entre dans le champs, je ne l’ai pas vu arriver. Elle marche avec difficultés, semble fatiguée. Elle s’assoit sur la chaise à l’entrée du garage comme pour reprendre son souffle un instant. Je n’ai pas bougé. Elle ne m’a pas remarqué. Le bras déjà accoudé à la fenêtre, je n’ai qu’à effleurer l’écran du téléphone pour saisir l’image. 

Ce n’est que plus tard à mon retour au bureau que je relève le détail de la grille et des chaussures.”

Posté sur Tiitswi - a collective of moroccan phoneographers dedicated to promote mobile arts in Morocco - le 10 nov 2011
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Casablanca... je t'aime

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Je suis un amoureux de Casablanca. Cette ville m'a vu grandir et je l'aime déjà pour ça. Je vivais en ville et je garde en moi ces souvenirs d'enfant marchant sur le chemin de l'école. Je me revois sillonner Casa à roller ou à vélo dès que j'avais un moment. J'ai été marqué à jamais par l'énergie et les contrastes de cette ville : l'atmosphère des rues, les gens des cafés, les parties de foot entre les voitures, les cris des marchants ambulants qui résonnent dans les cours d'immeubles et plus que tout, la magie des chants qu'accompagnent le ballets de martinets à l'arrivée du printemps. Ses rues m'ont offert mes premiers moments de liberté, de peur et de lucidité. 

Plus tard mon métier de designer a aiguisé mon sens et mon intérêt pour les lignes et les formes. La photo est venue après naturellement. Je me suis d'abord intéressé à l'architecture, par facilité certainement car ce sont des sujets dociles et patients pour un photographe inexpérimenté. Mais aussi parce que, comme beaucoup de Casablancais je suis charmé par l'architecture de ma ville. Lorsque je me tiens avec mon objectif, face à l'un de ses vieux bâtiments, j'éprouve cette tendresse et ce respect que l'on pourrait ressentir pour un aïeul d'un grand âge, fatigué par la vie mais affichant une sagesse inébranlable.

Plusieurs événements personnels m'ont ensuite amenés à ne plus me séparer de mon appareil. D'abord pour laisser une trace, immortaliser certains moments de ma vie mais aussi pour ne plus m'entendre me dire "Tiens, ça ferait une belle photo". C'est ainsi que OneDayOnePicture est né : un jour, une photo. Cette astreinte quotidienne a affuté mon oeil et perfectionné ma technique. J'ai partagé ce projet sur internet à travers ma galerie flickr et une page facebook.

Aujourd'hui la photo fait partie de ma vie et j'aime ce qu'elle m'apporte. Je retrouve ces sensations d'enfant lorsque seul, je part sillonner la ville à pied ou à vélo à la recherche d'une photo. A chaque sortie je ressens la ville et ses humeurs et je pose mon regards étranger sur cette ville majestueuse et terrifiante.

Alors merci Casa… je t'aime.


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