Interview

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1.  Parlez-nous de votre parcours ?

Je suis designer depuis une quinzaine d'années, spécialisé dans la conception d’identités graphiques et digitales. Après quelques années passées en France après mon Bac, je suis revenu m'installer au Maroc, mon pays d'adoption ainsi que celui de mes parents. Je suis aujourd'hui Directeur de Création, associé de l'agence digitale emagin située à Casablanca et Rabat. 

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2. Comment définiriez-vous votre art et votre façon de travailler ?

Mon métier de designer a aiguisé mon intérêt pour les lignes et les formes, c'est donc naturellement que j'en suis venu à la photographie. Au départ ma démarche était assez personnelle, plusieurs événements de ma vie m'ont amené à ne jamais me séparer de mon appareil. D'abord pour laisser une trace, immortaliser certains moments de ma vie mais aussi pour ne plus m'entendre me dire "Tiens, ça ferait une belle photo". Puis j'ai constaté que certaines de mes photos touchaient également les gens. Je remarque que les casablancais y sont particulièrement sensibles, certains y voient un témoignage des bouleversements actuels que connait la ville, d'autres plus nostalgiques y retrouvent des lieux ou des ambiances familières mais qu'ils fréquentent peu. D'autres encore sont sensibles à mes cadres ou mes sujets. Pour moi, c'est une extension complémentaire et nécessaire à mon activité professionnelle. Le design graphique, requiert du temps, de la réflexion et m'oblige trop souvent à faire des concessions. La photo est pour moi un mode d'expression sans artifice, instantané et emprunt du réel.

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3. Où et comment trouvez-vous votre inspiration ?

Contrairement à bon nombre de Casablancais qui circulent en voiture et passent peu de temps dans la rues et les lieux publics, je marche. Je suis en contact direct avec les espaces et les ambiances de la ville et je dispose d'un champs de vision à 360°. Mon appareil me suis partout, je pense que cela me conditionne d'une certaine manière. A chaque sortie, même la plus anodine, je me laisse porter par la ville, empruntant souvent des parcours différents pour une même destination et en évitant les grands axes tant je le peux . J'emprunte les ruelles, pour l'air plus respirable, les sons plus étouffés mais surtout pour les images car je sais que c'est de là que les scènes de l'ordinaire, en quête de fantaisie, se dévoilent au passant attentif. Souvent lorsque je marche, je suis littéralement stoppé par une image ou une situation, elle s'impose comme si elle cherchait à attirer mon attention. Je m'amuse ainsi à penser que je ne vais pas aux devant des clichés mais que ce sont eux qui viennent à moi. 

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4.  Casablanca, tient une place importante dans vos représentations artistiques et photographiques, pourquoi ?

Je suis un amoureux de Casablanca. Cette ville m'a vu grandir et je l'aime déjà pour ça. Je vivais en ville et je garde en moi ces souvenirs d'enfant marchant sur le chemin de l'école. Je me revois sillonner Casa à roller ou à vélo dès que j'avais un moment. J'ai été marqué à jamais par l'énergie et les contrastes de cette ville : l'atmosphère des rues, les gens dans les cafés, les parties de foot entre les voitures, les cris des marchants ambulants qui résonnent dans les cours d'immeubles et plus que tout, la magie des chants qu'accompagnent le ballets de martinets à l'arrivée du printemps. Lorsque je me tiens aujourd'hui avec mon objectif, face à l'un de ses vieux bâtiments, j'éprouve cette tendresse et ce respect que l'on pourrait ressentir pour un aïeul d'un grand âge, fatigué par la vie et fort d'une sagesse inébranlable.

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5.  Quelle technique utilisez-vous ou préférez-vous ?

Je ne travaille qu'à la lumière naturelle et mis à part les réglages de mon boitier je n'ai pas vraiment de technique particulière mais je dispose en revanche de deux assistants efficaces : le hasard et l'inattendu.

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6. Avez-vous des projets à venir ?

Des tas, je suis d'une nature créative, mes envies et mes idées se bousculent. Mais je suis également habité par la rêverie et la contemplation, certaines ne s'épanouissent ainsi que dans mon esprit ou sur papier. Mais ce n'est pas une frustration car j'éprouve également de la satisfaction à imaginer des choses que je garde pour moi. A mon sens, une création ne peut être pure et aboutie que si elle est totalement libérée du regard ou du jugement extérieur qui ne pourrait que la corrompre.
Je travaille cependant sur des projets très concrets actuellement. En rapport avec la photographie : un projet photo participatif sur la ville Casablanca qui devrait voir le jour prochainement et à titre plus personnel, une série de luminaires inspirés directement de mon travail en photographie et design graphique.


Interview pour la rubrique Artissimo - magazine interne de CDG développement.